Comme un papillon équinoxe

Pousser les meubles et libérer la poussière. Se rapprocher de la commode en chêne, aux massifs secrets. Ouvrir le tiroir du haut. Démurer les émotions épinglées au mutisme ténébreux et diplomate d’une boîte en carton. Accueillir le chagrin. Déplier les souvenirs une dernière fois. Puis sans regret, les laisser s’envoler au-delà des montagnes blessées et devenir à nouveau des oiseaux de papier. Laisser fondre la neige. Balayer les illusions labyrinthes dans chaque fragment de solitude, jeter les inventaires inutiles et les fleurs d’orage à la porte du lâcher-prise. Sur les ailes du présent, dessiner un arc-en-ciel et filtrer les larmes du soleil. Danser sous la pluie et sauter à cloche-plume dans les halos karmiques d’une existence sans fin, tissée de transformations essentielles. Sous les pas de chaque arbre, déchiffrer la terre et apaiser ses peines. A l’envers, à l’endroit, déshabiller les doutes de l’humanité, un à un et sertir ses voiles dissonantes de bienveillance et d’amour, de mots plus précieux que les étoiles d’argent et les fusils en fleurs. Dans les entrailles du monde, cheminer entre les rires des âmes et la mélodie des coeurs. La gorge dénouée, chanter le velours et l’or de la vie. Sur les lèvres du silence, se poser comme un papillon équinoxe, en équilibre universel sur l’ombre et la lumière. Ne plus défier les vents et croire en ses rêves. Réparer le miroir d’un sourire, juste et vrai. Rester en éveil. Méditer. Respirer. Communier avec l’instant et embrasser l’invisible. Créer. Aimer et partager avec humilité. Grandir et rayonner infiniment, libre de choisir. S’autoriser enfin à être soi, ici… et ailleurs.

Texte : MOONATH © ND

Photo : tubgit.com
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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Madame lit dit :

    C’est un beau partage… Je suis touchée… Benne nuit.

  2. LUOBER dit :

    « Ne plus défier les vents et croire en ses rêves. Réparer le miroir d’un sourire, juste et vrai. Rester en éveil. » Voilà un chemin intérieur qui se dessine, un sentier étroit que certains d’entre nous emprunte avec courage… une « force fragile » de tous les instants qu’il faut entretenir comme une petite bougie soumise à ce « défi du vent » et qui, flammèche au début, doit pourtant nous éclairer de plus en plus de sa lumière (« rayonner infiniment »). Ce sont des instants que je connais pour mille autres raisons et où le doute m’assaille souvent mais pourtant j’ai repris le chemin au bord duquel autrefois je m’étais arrêté, et je tente moi aussi de défier d’autres tempêtes… Très beau texte où l’entre-ligne à autant de sens que la ligne elle-même, projection, miroir d’âme, Merci.

  3. Comme ce texte est magnifique…merci Moonath pour ce partage qui n’a pas de prix.
    Belle et agréable journée à toi !
    Bisous bisous 🙂

  4. elise9 dit :

    Waouh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! MERCI :-))))))))))) C’est MAGNIFIQUE

  5. elise9 dit :

    J’en ferais bien une lecture contée de ce beau poème ! A méditer… 🙂

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