Singularité poétique

Dans un coin de mémoire déshydratée, un saule pleure sa désespérance.

Au pied de sa solitude, des fleurs phosphorescentes déshabillent chacune de ses larmes, de leur habit d’écorce et les parfument d’amertume lumineuse. Brûlé par les regrets, l’arbre se hisse une dernière fois sur ses racines, se fige et trépasse, glacé par une cheminée cercueil.

Dans un silence fracassant, les rideaux se brisent, déchirés par l’écho religieux du vent des souvenirs qui cingle le présent à sa fenêtre.

Au fond du puits, un tambour joue du violon, une flûte de l’accordéon. Sur une patte, un chat sourit. Au loin, un hibou aboie au soleil.

Eplorées de chagrin, les larmes désarmées s’agitent dans tous les sens et se balancent dans le vide mystérieux d’un paradis ligoté par les émotions.

Dans cette féérie cristallisée de tristesse en foudre, poudrée d’un enthousiasme recueilli, le printemps arrive à tire d’ailes, essoufflé par les cendres suffocantes de l’hiver. L’été s’invite en Giverny au bras de l’automne en costume Van Gogh.

Les papillons hantent les ampoules, les coccinelles jouent au boomerang avec un scarabée royal, les abeilles sirotent de ténébreuses vapeurs, les bouteilles s’éclatent entre elles et le mobilier tournoie jusqu’au vertige fatal.

La mort déguste avec indolence une coupe de campagne et la vie croque quelques cierges joyeux.

Exaltés par cette ambiance sacralisée, tous se mettent à danser une transe obscure, embrassent leurs folies bilatérales et chantent tête-bêche les saisons du monde. Comme un choeur au crépuscule de son destin, l’heure de la fin sonne il était une fois :

une étoile piquée de perles
Saint-Jacques au firmament du sommeil
un oreiller drapant un édredon
une oie sans duvet
une tente à la lisière de l’étrange
un nuage inconnu couronné d’espoirs
une prière de ne pas fumer
une bouffée d’oxygène carbonisée
un charbon ardent voleur de fusain
un dessin estompé par le crachin
un brouillamini sans remise de peine
un amendement tissé d’irrespect
l’insolence d’une douche froide
une cascade insomniaque
la versatilité d’un songe terrien
une plaine de champignons magiques
un lapin bicéphale sur la lune
un halo de blé argenté
un doublon sur l’asphalte
une ville déchaussée
une dent pour la petite souris
un chat enroué par internet
un ordinateur épouvantail
un corbeau arc-en-ciel
une comète exilée
Napoléon à la cuisine
un évier sans robinet
une canalisation moyenâgeuse
un château à l’abandon
un châtelain sans papier
un journal grisé de maux à mots étourdissants,
qui sonnent à la porte de l’esprit, sans crier garde à vous, et gomment mine de rien toutes les théories classiques de l’a-propos et de l’éloquence conditionnelle, d’un crayon sans plomb et apostrophent le lecteur de sa singulière imagination et de cette apothéose souveraine :

si vous avez apprécié cette récréation surréaliste, cliquez sur j’aime et traduisez votre joie ! 🙂

 

Texte : MOONATH © ND

photo © Chantal Veroult
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